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Le messager invisible

 
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John128
Membre SGH

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Masculin Gémeaux (21mai-20juin) 牛 Buffle

MessagePosté le: Mar 31 Mai - 00:41 (2011)    Sujet du message: Le messager invisible Répondre en citant

Le voyageur qui parcourt aujourd’hui la France se fera une idée assez vague de la physionomie variée qu’elle présentait au Moyen Age.  La centralisation du pouvoir a peu à peu relié les éléments dissidents.  L’historien peut parfois déplorer cette uniformation monotone ; et il revient avec amour vers cette France du passé, si pleine de passion ardente et colorées, de croyances diverses et naïves, où chaque province était un centre autour duquel venaient se grouper les plus grands intérêts.  Il importe de s’en souvenir pour comprendre le récit qui va suivre.
Foix, devenue à ce jour une petite ville sans grande importance, était au Moyen Age le siège d’une cour brillante, la résidence, avec Orthez, des comtes de Foix.  Le 14ème siècle fut l’apogée de sa gloire : Gaston III en était alors le suzerain.  Surnommé Phébus, à cause de sa beauté et du soleil qu’il plaça sur son écusson, il se trouva à la tête de grands vassaux de la couronne.  Plus d’une fois, les intérêts de la France se concentrèrent autour de lui.  Les ambassadeurs des puissances voisines venaient se disputer son appui, les chevaliers, les troubadours, les jongleurs recherchaient les faveurs et les encouragements de cette main quasi royale.

Les chasseurs trouvaient après de Gaston Phébus un amateur aussi éclairé que magnifique.  La chasse était alors sa passion, une affaire sérieuse qui exigeait des préparations approfondies.  Plus un seigneur était puissant et riche, plus il déployait de luxe.  Gaston y excellait ; ses équipages surpassaient en magnificences ceux des princes les plus riches ; ses écuries comptaient pas moins de 200 chevaux, et il avait également 1600 chiens.  Ses lévriers étaient les plus légers et les plus beaux de la chrétienté.  Tous les oiseaux de sa fauconnerie étaient également élevés avec grand soin par le comte de Foix.  Mais ces nobles plaisirs ne lui faisaient pas oublier pour autant de régler l’administration de ses Etats.

Un jour de l’an 1388, le chroniqueur Jean Froissart visita la cour brillante du comte de Foix.  Curieux et questionneur, il se passionna pour les récits des chevaliers qu’il rencontrait.  Un écuyer lui apprit que le sire comte savait tout ce qui se passait avant tout le monde.  Le chroniqueur lui demanda des détails.  L’écuyer lui raconta tout.  Vingt ans auparavant, le seigneur de Coarasse avait un procès en Avignon devant le pape, contre un clerc de Catalogne, au sujet des dîmes de l’église de Coarasse (de nos jours Coarazze), en Béarn.  Ces dîmes valaient bien 100 florins de revenu par an, et le clerc disait qu’il y avait droit.  Or, comme il était bien appuyé par le clergé, il montra et prouva son droit ; le pape Urbain V, siégeant en consistoire général (assemblée des cardinaux), condamna le seigneur à payer.  Lorsque le clerc eut levé les bulles (décrets) du pape, il chevaucha à grandes journées vers le Béarn, afin de prendre possession de son dimage.  Mais la décision du pape avait grandement irrité le sire de Coarasse ; il s’avança vers le clerc, et lui dit :

-          Pensez-vous que je doive perdre mon héritage ?  Ne soyez pas assez hardi pour toucher à ce qui m’appartient : car, si vous le faites, c’est votre vie que vous y laisserez.  Allez ailleurs obtenir bénéfice, car vous n’aurez rien de mon héritage ; et une fois pour toutes je vousle défends.

Le seigneur était cruel, et le clerc eut peur.  Il se decida donc à retourner en Avignon.  Mais avant de partir, il voulut protester contre cette menace.  Il vint trouver le sire de Coarasse, et lui parla ainsi :

-          Sire, c’est votre force, et non le droit, qui m’enlève les biens de mon église, vous méfaites grandement en conscience ; je ne suis pas aussi puissant que vous ici.  Mais sachez que je vous enverrai tel champion que vous redouterez de ses menaces.
Raymond de Coarasse se moqua de ses menaces :

-          Va, lui dit-il, fait ce que tu pourras, je ne te crains pas plus mort que vif.  Tes paroles ne me feront pas abandonner mon héritage.
Le clerc s’en alla en Avignon.  Trois mois après, alors que le sire de Coarasse dormait dans son lit à côté de son épouse, un messager invisible lui arriva.  Il commença à bouleverser tout ce qu’il y avait dans le château.  En entendant un tel vacarme, la dame de Coarasse fut effrayée.  Quant  à son époux, il entendit bien tout ce tapage, mais il garda son sang-froid.

Le tapage dura toute la nuit.  Au matin, les serviteurs du château se réunirent et allèrent trouver le seigneur qui était encore couché.

-          Monseigneur, lui dirent-ils, n’avez-vous rien entendu cette nuit ?

Le sir de Coarasse fit l’étonné.

-          Qu’avez-vous donc entendu ?

Alors les serviteurs lui racontèrent que le château avait été bouleversé et la vaisselle de lui cuisine entièrement cassée.  Le seigneur se mit à rire, en disant que cela ne pouvait être que le vent.

-          Mon Dieu ! dit la dame à mi)-voix, j’ai pourtant bien entendu.  Drôle de bruit pour le vent !

La nuit suivante, le même vacarme recommença, mais cette fois plus violent encore, les portes et les fenêtres tremblaient sous les coups, les chaises dansaient dans la chambre.  Le seigneur se leva aussitôt et cria :

-          Qu’est ce qui heurte ainsi ma chambre à cette heure ?

-          C’est moi, lui répondit une petite voix, c’est moi.

-          Qui t’envoie ? reprit le seigneur.

-          Le clerc de Catalogne, à qui tu fais grand tord, car tu lui as  ravi les droits de son bénéfice.  Aussi, ne te laisserai-je en paix que lorsque tu lui aura rendu justice.

-          Eh ! comment te nomme-t-on, toi, si bon messager ?

-          On me nomme Orthon.

-          Eh bien Orthon, le service d’un clerc ne vaut rien, il te donnera trop de peine.  Abandonne-le, je te prie, pour me servir.  Tu deviendras riche.

Cette proposition tenta Orthon.

-          Brave seigneur, je m’attacherai à toi, dit-il.

-          Eh bien donc, laisse ce méchant clerc et viens me servir.

Orthon devient tellement l’ami du seigneur de Coarasse, qu’il  lui rendait visite chaque nuit.  Devant cette intrusion nocturne, la femme effrayée s’enfonçait sous sa couverture.  Une fois réveillé, le châtelain demandait au messager quelles étaient les nouvelles et de quel pays il venait.

-          Je viens d’Angleterre ou d’Allemagne ou de Hongrie ; j’en suis partis hier, et telles et telles choses y sont advenues.

Ainsi le sir de Coarasse savait à merveille tout ce qui se passait de par le monde.  Cela dura environs 5 ans.  Le comte de Foix finit par s’inquiéter en apprenant que le seigneur de Coarasse était mieux informé que lui.

-          Sire de Coarasse, dit le comte, je voudrais bien avoir un semblable messager.  Vous plairait-il de me communiquer les nouvelles d’Orthon ?
Raymond de Coarasse accepta aussitôt.  Ainsi, toutes les fois qu’Orthon apportait des nouvelles, Raymond les annonçait aussitôt au comte de Foix.  Un jour, celui-ci lui demanda s’il avait vu son messager.

-          Par ma foi, Monseigneur, je n’y ai jamais pensé.

-          A votre place, je n’y aurai point manqué ; je l’aurais prié de se montrer à moi.  Faite-le donc et vous me direz comment il est.

-          Puisque vous me le conseillez, je me mettrai en peine de le voir.

Quelques jours après, arrive Orthon, qui, selon sa coutume, se mit à secouer l’oreiller du sire de Coarasse.

-          Qui est là, dit le seigneur en se réveillant ?

-          C’est moi, Orthon.

-          Quoi de neuf ?

-          Je viens de Prague en Bohême ; l’empereur de Rome est mort.

-          Et quand est-il mort ?

-          Avant-hier.

-          Combien y a-t-il d’ici à Prague ?

-          Il y a bien 60 journées.

-          Et tu es déjà revenu ?

-          Oui vraiment ; je vais plus  vite que le vent.

-          Tu as donc des ailes ?

-          Non aucune

-          Et comment donc peux-tu aller si vite ?

-          Cela n’as pas grande importance.

-          Je te verrais volontiers en plein jour pour savoir comment tu es.

-          Que vous importe, du moment que je vous apporte des nouvelles véritables.

-          C’est que Orthon, je t’aimerais encore plus fort en te voyant.

-          Puisque c’est votre désir, la première chose que vous verrez demain matin en quittant votre lit, ca sera moi.

Le lendemain matin, le sire se leva de bonne heure.  La dame avait une telle frayeur, qu’elle fit semblant d’être malade.  Et comme son seigneur insistait pour qu’elle se lève aussi, elle lui répondit avec vigueur :

-          Je ne veux ni le voir, ni le rencontrer !

-          Eh bien, dit son époux, je le verrai seul, s’il plaît à Dieu.

Et aussitôt, il sauta résolument de son lit et s’assit sur le bord ; il croyait se trouver en face avec Orthon, mais il ne vit rien.  Il courut ouvrir les fenêtres pour chasser la pénombre, ma il n’aperçut rien qui lui fit dire :

-Voici Orthon !

Le jour passa, la nuit arriva.  A peine le sire était-il couché, qu’Orthon se mit à causer avec le comte comme à l’ordinaire.

-          Va, lui dit le seigneur, tu n’es qu’un trompeur ; tu devais hier te montrer à moi, et tu n’en a rien fait.

-          Mais si, je me suis montré.

-          Mais  non.

-          Comment ?  N’avez-vous rien vu quand vous avez sauté hors de votre lit,

Le sire réfléchit un instant.

-          Ma foi, dit-il, comme je pensais à toi, j’ai aperçu sur le sol 2 longs fétus qui tournoyaient et jouaient  ensemble.

-          C’était moi, dit Orthon, j’avais pris cette forme.

-          Cela ne suffit point, prend une forme à laquelle je puisse clairement te reconnaître.

-          Vous êtes vraiment trop exigent.

-          Tu ne te lasseras point de moi, car si je te vois une seule fois, cela me suffira.

-          Eh bien, vous me verrez demain.  Prenez bien garde à la première chose que vous apercevrez, ca sera moi.

-          C’est bien, dit le sire, va-t-en donc, je veux dormir.

Le lendemain, le sire se leva et s’apprêta comme il convenait à son rang.  Il sortit de sa chambre et alla dans une galerie qui donnait sur le milieu de la cour du château.  Il regarda autour de lui, et la première chose qui le frappa, ce fut une truie, la plus grande qu’on eût jamais vue ; elle était se maigre qu’elle ne montrait que les os et la peau ; ses mamelles étaient longues, pendantes et toues écartées ; son groin aigu et famélique.

Le sir de Coarasse appela ses gens :

-          Faites sortir les chiens, je veux que cette truie soit chassée.

Les valets obéirent et lâchèrent les chiens sur la truie.  Elle poussa un grand cri, jeta un long regard sur le sire et s’évanouit comme une fumée, sans qu’on pût savoir ce qu’elle était devenue.  Comme le sire rentrait tout pensif dans sa chambre, il se souvint d’Orthon.

-          Mon Dieu, dit-il, je pense avoir vu mon messager ; combien je me repens d’avoir lancé mes chiens sur lui !  Il ne reviendra jamais plus.
Ce fut la vérité ; Orthon ne revint plus, et le sire mourut l’année suivante.  On raconte que le plus grand messager invisible passa au service du comte de Foix.

Qui était-il ?  Un esprit capable de se manifester sous différentes formes ?  Le chroniqueur Jean Froissart n’a pu en savoir davantage.
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MessagePosté le: Mar 31 Mai - 00:41 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Ange Déchu
SGH - VIP

Hors ligne

Inscrit le: 07 Juil 2010
Messages: 11 243
Localisation: Québec
Féminin Verseau (20jan-19fev)

MessagePosté le: Mar 31 Mai - 01:53 (2011)    Sujet du message: Le messager invisible Répondre en citant

Eh ben, il y a bien une leçon a tirer de ce texte, une morale. 
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drakoland


Hors ligne

Inscrit le: 22 Mar 2010
Messages: 516
Localisation: farciennes
Masculin Bélier (21mar-19avr) 虎 Tigre

MessagePosté le: Mar 31 Mai - 08:30 (2011)    Sujet du message: Le messager invisible Répondre en citant

Une belle histoire ma foi.
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chipie


Hors ligne

Inscrit le: 23 Sep 2012
Messages: 394
Localisation: france
Féminin Capricorne (22déc-19jan) 猪 Cochon

MessagePosté le: Ven 12 Oct - 17:50 (2012)    Sujet du message: Le messager invisible Répondre en citant

beau récit avec une belle morale
_________________
la barrière entre le visible et l'invisible n'existe plus à mes yeux.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 04:54 (2017)    Sujet du message: Le messager invisible

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