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SCHIZOPHRENIE

 
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JOAN80
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MessagePosté le: Dim 14 Juil - 13:07 (2013)    Sujet du message: SCHIZOPHRENIE Répondre en citant

 
L’été de ses 17 ans, Julie n’a pas voulu sortir de sa chambre : elle s’était mise à croire que les autres lisaient ses pensées et complotaient contre elle. À ses parents qui s’inquiétaient de son mutisme, elle répondait du bout des lèvres que tout allait bien. Eux s’imaginaient qu’elle souffrait de sa rupture avec son copain, que ses hormones la travaillaient, et que là était la raison de son tempérament lunatique. Quand elle a commencé à entendre des voix dans sa chambre, exactement comme si quelqu’un avait placé un haut-parleur dans la pièce, dans un moment de lucidité, Julie s’est dit que tout cela n’était pas normal du tout…
L’entrée dans la maladie n’est pas forcément tonitruante. Au début, l’entourage pense à une crise d’adolescence. D’autant que la schizophrénie n’est détectable par aucun examen médical courant – scanner ou prise de sang – et qu’elle revêt des formes plus ou moins impressionnantes. En tout cas, rien à voir avec le dédoublement de la personnalité tel que le cinéma ou la littérature ont pu le mettre en scène – comme Psychose d’Alfred Hitchcock ou L’Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr. Hyde de Robert Louis Stevenson. En réalité, la maladie peut s’avérer plus ou moins grave. Certaines personnes vont s’y enfoncer, et passer une grande partie de leur vie à l’hôpital. D’autres connaîtront une évolution favorable qui leur permettra d’être autonomes, de travailler… Parce que mieux comprendre la maladie permet de mieux y faire face, voici, à travers les principales interrogations parentales, des réponses aux angoisses les plus aiguës.

Pourquoi à l'adolescence ?
« La schizophrénie est une psychose chronique qui débute généralement entre 15 et 25 ans, le plus souvent autour de 18 ans, à la fin des études secondaires », précise le psychanalyste J.-D. Nasio dans Comment agir avec un adolescent en crise (Payot, 2010).. En effet, « c’est une période de transformation et de mise à l’épreuve des images de la sexualité mises en place dans l’enfance à travers le complexe d’OEdipe », explique Olivier Douville, psychologue et psychanalyste clinicien. À ce moment peuvent apparaître des délires et des hallucinations angoissantes (être poursuivi par des vampires…) et des « passages à l’acte » spectaculaires (se retrouver nu en pleine rue sans savoir pourquoi…). Il s’agit de « bouffées délirantes » qui disparaîtront d’elles-mêmes. C’est seulement si elles se répètent pendant plusieurs mois que le psychiatre suspectera une maladie mentale grave.

D'où vient la schizophrénie ?
Nous devons bien l’admettre, personne ne connaît les causes de la schizophrénie. Trois hypothèses sont avancées : selon la théorie psychanalytique, le futur schizophrène se vit inconsciemment comme un morceau du corps maternel. Il n’a pu se créer une intériorité, et sa fragilité le rend incapable d’assumer les situations symbolisant la séparation d’avec les parents, le deuil de l’enfance (un examen scolaire, un divorce), la sexualité, la mort (un avortement, la disparition d’un proche). Toutefois, selon les psychanalystes, nous croisons chaque jour sans le savoir des gens dont la structure psychique est schizophrénique, mais qui, n’ayant jamais été confrontés à des situations traumatisantes, n’ont jamais déclenché la maladie.
Dans une optique psychobiologique, l’adolescence est une période de remaniement du programme de maturation du cerveau. De nouvelles connexions neuronales se mettent en place, d’autres disparaissent. Il semblerait que des « accidents » se produisent chez certains ados, qui les rendent inaptes à gérer les situations émotionnellement éprouvantes.
Troisième piste : la génétique, car le risque d’être schizophrène est multiplié si un proche parent l’est. Pas forcément par une obscure fatalité héréditaire. Peut-être ce parent a-t-il constitué une source de blocage dans le développement de l’enfant, par exemple en lui transmettant ses propres terreurs.
 
Quels sont les principaux symptômes ?
Certains symptômes de la schizophrénie ressemblent à ceux d’une crise d’adolescence tourmentée : repli sur soi, incapacité d’agir, difficulté à communiquer, sautes d’humeur. Mais il n’y a aucune raison de s’inquiéter tant que n’apparaissent pas ces symptômes caractéristiques : hallucinations, délires et troubles du langage.
Halluciner, c’est percevoir des choses inexistantes, mais qui semblent réelles. L’hallucination résulte de ce que la personne ne reconnaît pas comme siennes certaines pensées trop lourdes qui lui reviennent sous la forme d’images ou de voix inquiétantes. Par exemple, face à un sentiment de culpabilité trop accablant, elle va halluciner une bande de tortionnaires (symbolisant la punition) désireux de la kidnapper.
Délirer, c’est aussi, paradoxalement, une tentative d’autoguérison. « Il s’agit d’un effort d’invention pour retrouver du sens dans un monde devenu inquiétant », affirme Olivier Douville. Le psychiatre Nicolas Franck raconte, dans La Schizophrénie, la reconnaître et la soigner (Odile Jacob, 2006), l’histoire d’Alice, 20 ans. Ayant la sensation qu’une force mystérieuse lui imposait des pensées, elle s’était demandé si l’armée n’était pas en train d’effectuer des expériences psychiques dans les environs. Puis, constatant qu’elle seule était touchée, elle en a déduit qu’elle était l’Élue de Dieu. Cette position lui a permis de moins souffrir.
Enfin, pas de schizophrénie sans troubles du langage. À certains moments, « la personne schizophrène n’est pas vraiment présente à ce qu’elle dit », assure Olivier Douville. D’où une débandade verbale où les mots sont brutalement dotés d’un sens compréhensible d’elle seule. Les schizophrènes peuvent cependant connaître des moments de paix relative où ils sont accessibles au dialogue.

Faut-il incriminer le cannabis ?
Un jeune sur deux en consomme, or le nombre de schizophrènes reste stable (environ 1 % de la population, selon l’Organisation mondiale de la santé, soit près de six cent mille personnes en France). D’ailleurs, de nombreux malades n’ont jamais fumé de cannabis. Cependant, cette substance ne peut être considérée comme anodine : sa consommation peut précipiter la chute dans la maladie et jouer un rôle dans la fréquence et la gravité des rechutes, tous les psychiatres le reconnaissent. Rien de plus logique, pose Olivier Douville, puisque « la schizophrénie va de pair avec un rapport problématique à la réalité, et que le cannabis altère les perceptions et les sensations corporelles ».

La maladie rend-elle dangereux ?
Contrairement aux idées reçues, la personne schizophrène est nettement plus dangereuse pour elle-même que pour les autres. C’est essentiellement sous l’emprise d’hallucinations morbides – quand, par exemple, elle se met à croire que l’homme en face n’est pas son père mais un démon, qu’elle peut devenir violente. Dans certains moments de crise aiguë, elle n’a pas conscience de la gravité de son état. Aussi, une hospitalisation temporaire se révèle parfois nécessaire : pour la protéger d’elle-même, éviter les tentatives de suicide. « L’hôpital moderne n’est pas l’asile, un lieu d’enfermement. C’est un endroit où le malade doit pouvoir venir se soigner et se rassurer quand ses angoisses et ses hallucinations sont trop envahissantes », précise Olivier Douville.
 
Comment accepter l'inacceptable ?
« Pendant cinq longues années, nous nous sommes demandé comment notre fils, Justin, si vif, ouvert, curieux, bon élève, était devenu en quelques semaines, juste avant le bac, un personnage apathique, renfermé, silencieux, incompréhensible, se souvient Danièle. Puis, le diagnostic est tombé : schizophrénie. D’abord, ça a été le soulagement. Toutes ces bizarreries, c’était donc ça ! Ensuite, notre petit monde s’est écroulé : la famille, les amis, les voisins nous regardaient bizarrement, certains ont cessé de venir à la maison. Enfin, notre couple a failli éclater. » Le regard de la société sur la maladie mentale est impitoyable : il écarte, exclut… Or il est essentiel de ne pas s’écrouler. « Pas de grands mots, n’en faites pas une maladie, c’est ce que je dis aux parents qui viennent d’apprendre que leur adolescent est schizophrène, rapporte la psychanalyste Virginie Megglé, auteure de Couper le cordon (Eyrolles, 2009). Cet enfant-là vous envoie un message, essayez de l’entendre. Fiez-vous à votre instinct. C’est vrai, personne ne sait comment guérir la schizophrénie, mais il est possible de la gérer. »
 
Les traitements sont-ils efficaces ?
Les traitements contre la schizophrénie s’avèrent être de plus en plus au point. Ils combinent médicaments et psychothérapie et, comme pour le diabète, ils doivent être suivis à vie.
Indispensable, la thérapie permet à l’adolescent de comprendre pourquoi il n’a pas pu se construire un espace intérieur personnel. Elle l’aide aussi à trouver sa « béquille » pour affronter la vie – écriture, peinture, photographie, relation avec les animaux, musique, chant…
Virginie Megglé et Olivier Douville insistent sur la nécessité d’« essayer de trouver le “don” particulier du malade et le valoriser ». Les schizophrènes ne sont pas fous, ils sont malades. Le plus souvent, ils peuvent apprendre à connaître leur maladie, même s’ils ne peuvent la contrôler totalement. D’ailleurs, 25 % des personnes diagnostiquées schizophrènes finissent par se stabiliser ou par guérir.

« Je dois me souvenir que mon fils n’est pas sa maladie »
Stéphane Alexandre est père d’un enfant schizophrène. Il raconte cette épreuve dans Le Coupe-Ongles, un livre bouleversant (Les Arènes, 2011). Son fils vit aujourd’hui dans un deux pièces loué par ses parents. Il travaille dans un jardin solidaire et a récemment repris des études de niveau fin de collège-début de seconde.


La témoignage de Stéphane Alexandre, père de Nicolas, 23 ans.
« Je ne vis pas bien avec la maladie de mon fils. Ce qu’il endure est insupportable, donc ce qu’il fait vivre à sa famille est insupportable. La schizophrénie “schizophrénise” la relation : d’une certaine façon, je dois dissocier ce qu’est mon enfant de sa maladie. Mais lui ne fait pas cette distinction : “C’est normal que je ne range pas mon apparemment. Je suis malade. C’est normal que je t’appelle cinq fois en cinq heures ou que je ne réponde jamais à tes messages. Je suis malade.” Pour résister à cela, il faut se souvenir que nous avons voulu cet enfant, qu’il n’est pas qu’une “maladie”, qu’il est un fils, un frère, un petit-fils… Pour tenir, j’ai commencé par m’informer sur la maladie, le traitement et les psychiatres. Mais je sais finalement peu de chose. C’est une situation à laquelle je ne m’habituerai jamais, et qui ne me quitte jamais. Mon enfant existe. Il vit. Il ne cesse de nous interpeller. Il n’y a pas de répit. J’ai essayé de dresser entre lui, la maladie et moi, une forme de barrière qui constitue une sécurité pour la famille et pour lui : par exemple, je réfléchis longuement avant de répondre aux messages qu’il m’envoie. J’essaie de mesurer ce qu’il me dit en fonction de l’état dans lequel je suppose qu’il est. Car nous ne sommes jamais dans la tête de l’autre, particulièrement celle de celui qui subit une maladie psychique. Je ne suis pas à sa place et j’ai renoncé à essayer de l’être. Parfois, j’ai l’impression qu’il me comprend mieux que je ne le comprends. C’est atroce. Aujourd’hui, je n’ai plus de certitude, mais la seule chose que je sais, c’est que l’amour que je garde et que j’essaie de donner à mon enfant est la meilleure des médications. »



Témoignages
Les Schizophrènes anonymes ont un programme de rétablissement en Six Étapes et nous croyons que notre adhésion à ces Étapes contribue à nous sortir de la schizophrénie et des troubles qui y sont associés. Même si parfois nous serions portés à le croire, il ne s'agit pas de magie. Pour plusieurs d'entre nous, les choses vont mieux lorsque nous acceptons ces Étapes, et le message que nous adressons à ceux qui souffrent encore en est un d'espoir.
Le programme des SA nous suggère de pardonner aux autres et de nous pardonner à nous-mêmes, de renoncer à nos idées fausses, d'endosser des valeurs spirituelles, et de prendre d'autres mesures affirmatives dans ce sens. En cours de route, notre croissance s'effectue d'une manière qui n'aurait pas été possible si nous n'avions pas été affligés de cette maladie. Et, pour certains d'entre nous, l'évolution de la maladie peut devenir une bénédiction.
Comment cela est-il possible? Les personnes affligées de schizophrénie sont amenées à aller davantage au fond des choses et à se poser des questions que d'autres n'ont jamais été amenés à se poser. Quiconque souffre de schizophrénie se demandera peut-être pourquoi il ou elle a des hallucinations et des idées étranges, ou pourquoi il ou elle doit être hospitalisé(e) en psychiatrie, ou pourquoi il ou elle doit absorber de fortes médications anti-psychotiques. Mais, au-delà de ces questions, le processus de rétablissement résulte souvent en un approfondissement de soi.
Le programme des SA n'a pas la prétention de détenir toutes les réponses mais, assurément, les Étapes abordent les difficultés de la personne atteinte et les problèmes associés à cette maladie. Ces Étapes, une fois acceptées, contribuent à aider les membres des SA à voir au-delà de la schizophrénie.
Nous encourageons d'éventuels membres des SA à s'engager dans ces Étapes à leur propre rythme. Au cours des réunions, ils seront requis de choisir une Étape qui leur convient dans le moment présent et, avec le temps, un rétablissement observable finira par se produire.
Les Étapes du rétablissement
1- Je capitule... J'admets que j'ai besoin d'aide, que je ne peux pas me rétablir seul.
2- Je fais des choix... Je choisis d'être bien dans ma peau et j'assume l'entière responsabilité de mes choix. Je me rends compte que les choix que je fais influent directement sur ma vie quotidienne.
3- Je crois... J'en viens à croire que je suis muni d'une grande ressource intérieure pour m'aider moi-même et aider d'autres personnes.
4- Je pardonne... Je me pardonne toutes les erreurs que j'ai pu faire. Aussi je pardonne et je libère quiconque a pu me blesser ou m'injurier de quelque façon que ce soit.
5- Je comprends... Je comprends maintenant que des attitudes défaitistes et erronées sont en partie la cause de mes problèmes, de mes échecs, de mes souffrances et de mes peurs.
6- Je décide... Je prends la décision de confier ma vie aux soins de Dieu tel que je Le conçois, et je renonce à ma volonté et à mes fausses croyances. Je demande à être changé en profondeur.
Lignes de conduite
1- La seule condition requise pour adhérer aux SA consiste en un désir de se rétablir d'une maladie apparentée à la schizophrénie.
2- Aucun frais n'est exigé pour adhérer aux SA ; cependant, des dons peuvent être acceptés pour couvrir les dépenses d'un groupe ou d'événements spéciaux.
3- Tout ce qui se dit dans une réunion de SA est confidentiel.
4- Les membres des SA devraient demeurer anonymes, exception faite de ceux qui souhaitent aborder des sujets particuliers. En ce qui concerne toute question relative au programme, les membres et les commettants des SA devraient placer les principes au-dessus des personnalités.
5- Chaque groupe peut déterminer la procédure de ses réunions, cette dernière étant sujette à l'approbation du comité central des SA.
6- Toute décision affectant les SA dans leur ensemble revient à la conscience de chaque groupe. Nous faisons confiance que notre Puissance supérieure se manifestera dans cette façon de procéder.
01 - Joanne
En 1970, je subissais beaucoup de pressions et je commençai à avoir des illusions de grandeur et de paranoïa. Je croyais que la télé et la radio me parlaient. Je croyais que ma ligne téléphonique était surveillée par le FBI. J'étais en état de psychose. Je fus hospitalisée et traitée aux électrochocs. On me dit que je faisais une dépression nerveuse. On voulut m'envoyer à l'hôpital psychiatrique pour un traitement de longue durée mais je choisis plutôt de rentrer chez moi.
Depuis 1970, j'ai été hospitalisée à sept reprises pour cause de schizophrénie. Cependant, je pus, pendant cette période, garder un emploi à plein temps et élever deux enfants.
En 1984, j'eus un diagnostic de rémission mais il fallut que je sois prudente. Je voulais aider des malades mentaux moins fortunés comme mon jeune frère qui est hospitalisé en psychiatrie depuis 12 ans.
Je commençai à faire du travail bénévole pour l'Association pour la santé mentale, et on me demanda d'aborder la question des stigmates (les préjugés). Depuis ce temps, je pris la parole lors de conférences sur la maladie mentale, dans des universités, des écoles, des clubs sociaux, etc. afin de sensibiliser le public à la schizophrénie. En 1985, je souhaitais démarrer un groupe d'entraide pour schizophrènes et je fondai les Schizophrènes anonymes au Michigan. Ce projet a été l'événement le plus significatif de ma vie et aussi le plus gratifiant.
Je me suis engagée pour le reste de ma vie à aider d'autres personnes affligées de maladie mentale et je crois que c'est là la volonté de Dieu à mon égard.
Je reçois beaucoup de soutien de la part des SA; j'y côtoie des personnes tout à fait attentionnées et compatissantes. J'ai pour objectif d'étendre la fraternité des SA à l'échelle nationale et je continuerai de travailler dans ce sens aussi longtemps que je vivrai.

02 - Scott
Issu d'une famille aisée, je fus conditionné dès ma petite enfance à devenir professionnel dans un domaine ou dans un autre. Les années passèrent et tout semblait indiquer que je réussirais dans ce sens. J'avais d'excellentes notes à l'école et j'excellais en athlétisme. Je fis tout ce qu'il fallait pour réussir.
Vers l'âge de 17-18 ans, je me rendis compte que, mentalement, je ne me sentais pas très bien. Je devenais confus, la vie n'avait plus de sens, et je commençai à perdre contact avec la réalité. Pour faire face à cette situation, je commençai à boire de plus en plus. J'étais très seul et malheureux. Mes parents et des amis essayèrent, mais sans succès, de m'aider à me sortir de cette impasse. Quand j'entrai au cégep, j'eus de sérieux problèmes de consommation et, comme je l'appris plus tard, de buveur social j'étais devenu alcoolique. Il est probable que j'avais déjà traversé la ligne avant d'entrer au cégep. Mais laissez-moi vous dire que je n'eus aucun plaisir à me faire arrêter à plusieurs reprises pour conduite en état d'ébriété et à me retrouver en prison.
Quoi qu'il en soit, je devins sobre en suivant une thérapie et en adhérant aux Alcooliques anonymes. J'étais enthousiaste mais les choses toutefois ne semblaient pas vraiment bien aller. Je me sentais perdu. Pendant 14 mois, j'entrepris de donner un sens à ma vie et, au cours d'un voyage avec un ami, je me rendis compte que les choses avaient complètement changé. Les feuilles des arbres semblaient me parler; les formations nuageuses avaient une signification particulière; la télé et la radio parlaient de moi; je croyais pouvoir lire dans les pensées et communiquer avec les gens sans leur parler. Je croyais avoir découvert ce que de grands maîtres spirituels appellent la «spiritualité». Je croyais vraiment avoir été choisi de Dieu et j'étais sûr d'avoir une communication directe avec Lui. Je me sentais bien mais, en même temps, j'avais peur, j'étais dans un monde différent. La semaine suivante, je décidai de partir pour la côte Ouest afin de m'y retrouver et d'apprivoiser ce nouveau pouvoir. En cours de route, il me sembla que la voix de Dieu pénétrait dans mes pensées et me disait de passer à l'action si je voulais vraiment trouver la paix et avoir le contrôle sur ma vie. C'est ainsi que j'aboutis dans le décor avec ma voiture et que je Lui confiai la suite. Non seulement je ne trouvai pas la paix mais je démolis ma voiture et je me retrouvai à l'hôpital psychiatrique.
Depuis ce temps, je fais face à une maladie qui s'appelle la schizophrénie. Je lutte aujourd'hui encore et, au moment d'écrire ces lignes, j'ai trouvé une façon de sortir de la psychose et de me sentir branché à nouveau, comme avant que je devienne alcoolique et schizophrène. Aujourd'hui, je me sens en paix; je suis propriétaire d'une entreprise prospère et j'ai une relation merveilleuse avec ma femme. Nous planifions de fonder une famille et tout cela a été rendu possible grâce à la philosophie des Schizophrènes anonymes, des Alcooliques anonymes, et de quelques êtres bien particuliers dans ma vie.

03 - Fran
Je suis schizophrène. Mon dernier séjour à l'hôpital remonte à 1980. Six mois à l'hôpital psychiatrique parce que mon mari refusait de me ramener à la maison. Après 13 ans de mariage et deux enfants, il voulait un divorce. Sans endroit où aller, je restai à l'hôpital en attente d'un foyer de transition.
Après six mois, j'eus une place dans un très bon foyer. Pendant ce temps, la Michigan Vocational School me permit de suivre un cours commercial. Deux semestres plus tard, je devais me trouver un travail et, en juillet 1981, je devins comptable pendant un an pour une petite compagnie alors que j'habitais encore au foyer de transition. Par la suite, je devais devenir autonome mais j'avais peur de tout. Vivre seul, avoir des rechutes, et même seulement prendre soin de moi me faisaient peur. J'aménageai en logement, je poursuivis mon travail, et je continuai d'assurer mon autonomie.
Au foyer de transition, je découvris une brochure qui décrivait parfaitement mes symptômes. Auparavant, je ne savais pas ce qu'était la schizophrénie. On disait dans cette brochure que la schizophrénie était incurable mais qu'on pouvait la contrôler à l'aide d'une médication. Toutes mes rechutes furent dues au fait que j'avais cessé la médication. Dès lors, je décidai d'être bien. Après ajustement de la dose, je continuai de prendre la médication et mon état est stable depuis 1980. Je sais que je suis encore malade, mais la maladie est sous contrôle grâce à la médication.
En 1983, je m'achetai une maison et j'ai mes enfants avec moi une fin de semaine sur deux. (Mon mari a la garde des enfants, mais je fais encore partie de leur vie.) Aussi, je commençai des cours du soir au cégep. Un cours par semestre au cours des six dernières années et j'aurai bientôt, en décembre, un DEC en comptabilité.
Grâce à mes cours de comptabilité du cégep, je fus promue en 1985 superviseure comptable. J'ai un très bon emploi que j'apprécie beaucoup. Pendant mes huit années de travail, je n'eus pas à prendre de congé de maladie pour ma schizophrénie. Ce ne fut pas facile. Je me sens souvent fatiguée le matin et je dois me forcer pour aller travailler. Je fonctionne en mode mineur et je ne peux pas supporter trop de stress.
Quand ma travailleuse sociale entendit parler des Schizophrènes anonymes, elle suggéra que je m'y implique. Je fis connaissance avec Joanne V. et les membres de son groupe; depuis lors, ma vie s'est transformée. Je suis une leader des SA et je fais maintenant partie d'un groupe où, à chaque semaine, les gens sont fort sympathiques et attentionnés. Mon rôle de leader me permet de rehausser ma qualité de vie et d'aider d'autres personnes en même temps que moi-même à se rétablir. Merci aux SA.

04 - Paul
J'eus dans le passé deux épisodes psychotiques (c'est-à-dire des pertes de contact avec la réalité). Lors du premier épisode, je me mis à avoir des pensées bizarres, j'entendis des voix et j'eus des hallucinations visuelles. Je croyais que la fin du monde était proche. Naturellement je craignais pour les membres de ma famille et j'espérais les sauver de la catastrophe. Dès le début, lorsque je me mis à leur décrire mes pensées, ils comprirent que quelque chose n'allait pas. Alors je fus traité à l'hôpital psychiatrique Clinton Valley Center et il me fallut près d'un an à l'extérieur pour me remettre du traumatisme de l'hospitalisation et de la dépression. À la fin de cette année 1985, le médecin et moi discutâmes de schizophrénie et le médicament Haldol atténua tous mes symptômes.
Je fus malade à nouveau en février 1986 et j'eus toute une nouvelle série d'hallucinations, une d'entre elles étant ce que j'appelle la «Danse du soleil». Alors que j'étais au lit et que je croyais dormir, j'étais accompagné d'un tambourineur amérindien et j'avais des visions. Il s'agissait évidemment d'une hallucination. Cette fois-là cependant, l'expérience ne me fit pas paniquer. Je vécus comme une sorte de fascination et de détachement scientifique. Par la suite, je retournai voir le médecin afin de rétablir la médication.
Je découvris alors un groupe de SA qui m'aida à lutter contre la schizophrénie. Le groupe me fut utile pour combattre les symptômes (c'est-à-dire les voix) et la médication fit le reste. Les voix ne sont pas dérangeantes car elles ne durent habituellement que quelques secondes le jour, ou au moment de m'endormir, le soir. Bref, la schizophrénie est une expérience terrifiante mais elle fait partie de mon passé. Ce qui importe pour moi désormais est de me rétablir et de surmonter l'apathie.

05 - Larry Z
C'est à l'été 1987 que je connus les Schizophrènes anonymes pour la première fois. J'y découvris des personnes ayant des antécédents semblables aux miens et qui luttaient contre plusieurs de ces mêmes symptômes qui m'accablèrent pendant des années. J'y aimais l'ambiance rassurante et je crus que ce serait un endroit idéal pour me faire des amis. Il me fut difficile de prendre la parole quand vint mon tour, mais je sentis que les membres présents, compréhensifs et compatissants, ne tiendraient pas compte de mes propos confus et nerveux. J'y retournai le dimanche suivant et tous les autres dimanches.
En rétrospective, je peux dire que je reçus beaucoup plus que ce que j'avais espéré. Je me fis des amis qui contribuèrent à donner un sens à ma vie. J'appris à accepter ma paranoïa et je découvris que, au-delà des limites que m'imposait la peur, la vie pouvait encore avoir de l'attrait. La chaleur humaine des membres m'aida à surmonter la gêne et l'embarras.
Commençant à m'accepter avec mes faiblesses, je me découvris des forces intérieures qui me permirent de grandir en tant que personne et d'apporter ma contribution à la société. Je suis encore inapte au travail mais je suis capable de faire deux journées de bénévolat par semaine dans un organisme communautaire en santé mentale. Je gagnai suffisamment la confiance de mon entourage pour pouvoir démarrer dans cet organisme un chapitre des Schizophrènes anonymes.
Le plus grand avantage que j'en retirai est d'avoir confiance que je vais continuer de grandir et de devenir une personne entière. Je m'engage activement, jour après jour, à avoir une vie remplie. Je ne suis plus un spectateur passif, seul et effrayé, de mes symptômes. J'espère pouvoir travailler à plein temps un jour et trouver une âme soeur avec qui je pourrai passer le reste de ma vie. Cependant, je puis accepter avec optimisme ma pauvreté et mon vide intérieur car je travaille activement à m'améliorer. Avec les Schizophrènes anonymes, je refais ma vie. Je suis convaincu que je réussirai à réaliser le meilleur de moi-même.

06 - David
Quels sont mes rapports avec les Schizophrènes anonymes? Il y a deux ans de cela, et j'y vais tous les dimanches, y compris les soirs de loterie, le temps des Fêtes et les pique-niques d'été. Je découvris d'abord un article dans un journal et je le fis lire à ma mère. Je téléphonai et je parlai avec Joanne. Je craignais qu'il s'agisse d'un groupe d'apitoiement sur soi, mais Joanne m'assura que les membres étaient tous fonctionnels. En effet, ma première impression fut que le groupe fonctionnait un peu trop à plein régime. Suivant l'exemple extraordinaire de Joanne, chacun semblait travailler fort et je fus décontenancé par le haut niveau d'énergie qu'on pouvait puiser dans ces réunions. En fin de compte, l'impression générale que crée le groupe est que voilà enfin un endroit où je peux parler de ma schizophrénie avec des gens qui me ressemblent et qui sympathisent. Chacun en arrive à comprendre les spécificités de sa maladie à travers les témoignages de autres. D'aucuns diront: «J'ai ressenti cela moi aussi» ou encore «Ça m'est arrivé à moi aussi». Quel soulagement enfin!
Nous eûmes également d'excellents conférenciers, en particulier un médecin de la Clinique Lafayette qui nous donna des informations à jour sur les recherches dans ce domaine. Les scientifiques croient maintenant avoir découvert un fondement génétique à la schizophrénie parallèlement aux aspects psychologiques et émotifs.
Il y eut même une période où mon traitement en fut affecté. Dans une réunion, je me plaignis de ce que je ressentais. À mon rendez-vous suivant chez le médecin, celui-ci augmenta légèrement ma médication par injection. Il ne le fit qu'une seule fois, mais mes symptômes disparurent. Le mois suivant, il m'injecta la dose habituelle.

07 - Paula
Enfant, je fus abusée sexuellement et, à l'âge de six ans, j'avais déjà témoigné deux fois en cour. J'étais très retirée et j'avais peur des hommes. On avait engagé une professeure privée pour m'aider à surmonter les problèmes émotifs que j'avais déjà, et celle-ci a été ma conseillère jusqu'à ce que je termine mon secondaire (lycée).
Adolescente, j'étais devenue suicidaire et, au cours des 25 années suivantes, j'essayai à plusieurs reprises d'en finir. Je reçus un diagnostic de schizophrénie, des électrochocs, ainsi que de fortes médications, mais sans résultat. Ma mère apprit que je ne quitterais jamais l'hôpital, que je finirais probablement par me suicider, mais que, néanmoins, ils continueraient de s'occuper de moi. J'étais auto-destructrice et je croyais fermement que j'étais bonne à rien.
Au début de la vingtaine, je tombai en amour et me mariai. Il ne savait rien de mes problèmes, mais je l'aimais et je savais que nous viendrions à bout de tout. Ce fut, je crois, la pire expérience de ma vie. Il s'adonnait à des pratiques sexuelles dont je n'avais jamais entendu parler ou que je ne croyais même pas possibles. Ainsi je ne pouvais pas répondre à ses attentes et, après quelques semaines, nous nous séparâmes. Finalement, nous mîmes fin à notre mariage. Ma haine de moi-même n'en fut que plus grande et, à nouveau, j'essayai d'en finir. Il me semblait que la solution à tous mes problèmes était de m'enlever la vie. Je ne pouvais rien trouver de bon en moi. Je croyais honnêtement que j'étais bonne à rien et que je n'avais pas le droit d'être heureuse ni même de vivre.
Pendant des années, je demeurai plus longtemps à l'hôpital que chez moi jusqu'à il y a deux ans. J'étais alors dans un hôpital général, branchée à l'intraveineuse et incapable de digérer quoi que ce soit. Je décidai que, si je voulais vraiment qu'on m'aide, je devais y mettre de la bonne volonté, car médecins et thérapeutes ne pouvaient m'aider sans une collaboration réelle de ma part.
Je sais que j'ai encore du chemin à faire, mais je travaille présentement avec des médecins et des thérapeutes, et j'aide d'autres personnes schizophrènes. Je suis membre du Comité consultatif des citoyens au Clinton Valley Center, et j'ai été leader des Schizophrènes anonymes à ce Centre. J'ai aidé à prendre soin d'une patiente âgée de 87 ans, atteinte d'Alzheimer. Enfin, j'ai contribué à sensibiliser la population à la maladie mentale. Je sais que je vais m'en sortir parce que je le veux bien et que j'ai tout le soutien qu'on peut imaginer.

08 - Laura
Je m'appelle Laura. Je suis schizophrène paranoïde en voie de rétablissement. Avant de démarrer mon groupe de SA, j'avais perdu mon emploi et je n'avais aucune vie sociale. Après quelques mois, j'avais acquis suffisamment de confiance en moi pour repartir à nouveau. Ainsi, je m'inscrivis au cégep et je devins leader d'un chapitre des SA.
Au cours du premier semestre, je dus me retirer à cause de ma maladie mais, avec le support de mon groupe et avec ma thérapie, je fis en sorte de ne pas retourner à l'hôpital. Je persévérai. J'entrepris la session d'hiver en prenant un peu moins de cours et, à ma grande surprise, je réussis fort bien. J'eus une moyenne semestrielle de 3,6 et je vais continuer à l'automne prochain.
Inutile de le dire, je me fis beaucoup d'amis. Avec l'aide de tous ces gens autour de moi, je peux aller de l'avant, réussir et être heureuse. Il fut très difficile de réaliser que j'avais des limites; toutefois, c'est là la clé qui m'ouvre les portes de la réussite.

09 - Tamara
Je participai récemment à la formation d'un groupe de SA et, à la demande des membres de ce groupe, je vous écris cette lettre. Âgée maintenant de 48 ans, j'eus un diagnostic de schizophrénie à l'âge de 13 ans et je passai la plus grande partie de mon adolescence et de ma vie de jeune adulte dans des hôpitaux. Je décidai que je ne voulais plus passer le reste de ma vie dans des hôpitaux, je m'inscrivis donc dans une université de la Californie et je passai les 27 années suivantes à faire le va-et-vient entre les hôpitaux et l'Université.
J'acquis enfin un doctorat en psychologie clinique. Bien des professionnels m'en avaient dissuadé mais, en 1988, je montai sur scène pour recevoir mon doctorat. Le combat n'a pas été facile, et je dois en créditer la psychiatre qui m'a suivie au cours des 21 dernières années et la travailleuse sociale clinique que je connus lors de mon premier épisode psychotique à l'âge de 13 ans. Après avoir obtenu mon doctorat, je combattis ma maladie et les préjugés face à la maladie mentale afin d'obtenir un emploi. J'appris de mes erreurs qui m'ont valu de perdre plusieurs emplois et, en accord avec ma psychiatre, nous fîmes l'expérience de différentes médications. Heureusement, nous trouvâmes un agencement de médications qui me permit de rester hors des hôpitaux et de garder pendant six ans et demi un emploi de thérapeute dans un centre résidentiel de traitement pour des adolescents perturbés mentalement. On m'offrit alors le poste de directeur clinique dans un autre centre résidentiel de traitement pour des adolescents perturbés au plan émotif, et c'est ce poste que j'assumai au cours des trois dernières années.
Il y a un an, je pris la décision de rendre public mon combat contre la schizophrénie. Je pris donc la parole en public en deux occasions pour parler de maladie mentale. Il me fut suggéré de me présenter au Conseil de direction de notre Association locale pour la maladie mentale et je fus élue présidente du Conseil.
Je voulais vraiment partager avec vous les réflexions et impressions exprimées par les membres de notre groupe de SA. Nous nous rencontrons régulièrement à chaque semaine pour discuter de certains problèmes dont: 1) les stigmates de la maladie mentale; 2) comment savoir quand il est prudent de parler de sa maladie mentale; 3) le besoin d'intimité et les difficultés à établir des relations intimes; 4) le désir d'avoir des enfants et les risques que cela comporte; 5) différents milieux de vie; 6) dénicher un emploi; 7) contrôler les comportements bizarres en public; 8) la médication, ses avantages et ses inconvénients; 9) faire face à la famille et aux amis; 10) les sans-abri affligés de maladie mentale; 11) la dépression, le suicide et autres problèmes qui affectent notre qualité de vie. Je suis frappée par la pertinence des propos et par la manière articulée d'exprimer nos préoccupations. Ce qui me frappe aussi, c'est que les personnes affligées de maladie mentale sont très peu consultées sur ces questions. Nous nous rendons bien compte que nous n'avons pas toutes les solutions ni toutes les réponses, mais il est vraiment utile d'avoir un endroit pour discuter de ces questions en toute sécurité. De plus, il faut souligner l'importance du support que les SA s'apportent les uns aux autres.

10 - Satoko
En 1999, suivant la recommandation de ma thérapeute qui se préoccupait de mon isolement, je commençai à assister à des réunions hebdomadaires de SA. Auparavant, j'étais incapable d'exprimer mes émotions. Or, dans les groupes de SA, nous ne sommes pas seuls à lutter contre cette maladie cruelle. Nous discutons de notre façon d'assumer nos symptômes au quotidien et nous nous encourageons mutuellement à adhérer à nos principes. Après avoir lutté pendant un an, je découvris l'espoir. Et c'est en m'exprimant honnêtement que je commençai à accepter les gens normaux et aussi ceux qui ont une maladie mentale. Je suis tout à fait convaincue que je n'aurais pas pu en arriver là sans l'aide des Schizophrènes anonymes.
J'ai l'espoir qu'un jour nous puissions tous franchir les Étapes du rétablissement et avoir une vie quasi normale. Entretemps, nous ne devons pas renoncer à l'idée que nous pouvons tous nous rétablir d'une maladie mentale. Les groupes de SA nous sont utiles pour partager nos expériences. À quiconque souffre d'une maladie mentale, je recommande d'assister à des réunions de SA. Je fus l'une d'eux et je me porte mieux aujourd'hui.

11 - Kathy
Fin de 1988, début de 1989, j'avais des difficultés à mon travail. Je fus référée au Programme d'aide aux employés et j'eus à faire un choix: ou bien de demander de l'aide, ou bien d'être congédiée. Je choisis de demander de l'aide, mais uniquement en consultation externe. Après trois mois d'hospitalisation de jour, j'eus un emploi différent pour la même compagnie. Ma thérapeute me suggéra qu'un groupe de support me ferait grand bien et c'est ainsi que j'adhérai au groupe de Joanne, un groupe de SA, à Southfield.
Les Schizophrènes anonymes furent l'endroit où j'appris à connaître la maladie mentale. Bien des choses me déprimaient comme, par exemple, le seul fait d'avoir une maladie. Je ne comprenais pas cette maladie ni comment celle-ci pouvait m'affecter en termes de stigmates personnels, socio-économiques, et relationnels. Mes rêves et mes ambitions avaient été altérés. Mais, ce que j'ignorais, c'est qu'il s'agissait là du point tournant ou de la motivation qu'il me fallait pour me remettre sur pied. Et c'est ce que furent les SA pour moi.
Puisque je me rétablissais et que je retrouvais mon estime personnelle, j'entrepris de faire une maîtrise. J'obtins une promotion à mon travail et, en 1993, je reçus ma maîtrise de l'Université Eastern Michigan. Je devins aussi leader d'un groupe de SA pendant environ deux ans. Enfin je commençai à donner des conférences sur le rôle important des SA et, en 1995, je devins officiellement porte-parole des SA pour l'État du Michigan. Les Schizophrènes anonymes m'ont permis de m'approprier ma maladie et de comprendre les autres.
Les SA m'ont aidée à me regarder et à prendre les décisions qui firent de moi une personne entière, malade mais entière. Je commençai à devenir plus sociable. Je compris que je devais travailler deux fois plus fort qu'une personne normale pour atteindre le même objectif. Je m'efforçai donc grandement d'améliorer mes habiletés interpersonnelles. En faisant ma maîtrise, je compris que les préjugés concernant la maladie mentale ne pouvaient m'affecter que dans la mesure où j'y consentais.
Aujourd'hui, je me sens entière aux plans émotif, spirituel et physique. Je me sens bien. Des SA m'est venue l'idée de suivre d'autres cours, de cégep, en travail social. J'espère que mon exemple inspirera d'autres personnes à surmonter l'adversité, à se rétablir au meilleur de leurs capacités, et à être heureux. Je crois qu'il importe de se rappeler aussi que, pour obtenir son diplôme, il faut faire ses devoirs. Il n'en tient qu'à chacun de choisir l'orientation qui lui convient.

12 - Jeff
J'avais l'habitude de me considérer comme hyper-compétent pour la vie. Je grandis à Waterford, au Michigan, et je fus toujours populaire. Je fus président de l'Association des étudiants du secondaire. J'étais doué pour la musique et j'obtins de nombreux prix, de groupe et aussi en solo, dans des compétitions interscolaires. J'occupai le premier siège des cuivres (horn) dans un orchestre symphonique et je fus capitaine de la fanfare de mon école.
Mon cauchemar débuta alors que j'étais encore au premier cycle du secondaire et que ma croissance s'accéléra. Malgré tout, je terminai mon secondaire avec tous les honneurs. Un an plus tard, je fus hospitalisé une première fois et diagnostiqué schizophrène paranoïde. La médication que je reçus me fut utile et mes conditions de vie s'améliorèrent.
J'occupai plusieurs emplois au cours des sept années suivantes jusqu'à ce que je sois hospitalisé à nouveau. Après ajustement de ma médication, je reçus mon congé. Quatre ans plus tard, je cessai de prendre ma médication et j'atterris à l'hôpital psychiatrique pour 30 jours. Par la suite, je m'améliorai constamment.
À cette époque, je débutai un programme de jour pour des personnes affligées de maladie mentale où quelqu'un suggéra de démarrer un groupe de Schizophrènes anonymes. Je fus co-leader de ce groupe, ce qui me permit d'apprendre à mieux fonctionner en groupe. Cela me permet aujourd'hui encore de mieux accepter ma schizophrénie. Au lieu de cacher ma maladie, je préfère croire que, en en parlant, je contribue à en atténuer les préjugés. Une participation plus honnête et constante aux réunions des Schizophrènes anonymes me permet d'ouvrir un peu plus des portes qui étaient fermées et de sortir au grand jour.

13 - Richard
Je venais tout juste d'avoir 33 ans et j'étais là, sur un lit d'hôpital me demandant pourquoi Dieu ne m'avait pas permis de réussir mon suicide. Mon meilleur ami était décédé par noyade quelque temps auparavant. J'étais maintenant divorcé et le travail se faisait de plus en plus exigeant. Je crus que c'était maintenant à mon tour de mourir. En fait, il s'agissait de mon premier épisode de schizophrénie. Même sous médication, je continuai, au cours des cinq années suivantes, à entrer et sortir des institutions psychiatriques. J'essayais de faire ce que me conseillaient médecins et intervenants. J'essayai même de quitter une grande ville pour m'installer dans un village. Mais je chutai à nouveau. Il y eut des démons partout, même dans mon logement. Mes idées délirantes me suggérèrent d'y mettre le feu et c'est ce que je fis. Cette fois, j'eus vraiment peur. Que se passait-il? Qu'était la Réalité? Et pourtant, j'étais sous médication. En prison pendant quatre mois, j'eus le temps de réfléchir amplement. Il était constamment présent devant moi: l'alcool. L'alcool fut toujours présent dans ma vie et même si je ne me considérai jamais comme un gros buveur, je ne sus jamais comment m'arrêter, ni même si je le pouvais. Néanmoins, je savais que je devais, et que je voulais, changer de style de vie. C'est en prison que je connus les Alcooliques anonymes et les Schizophrènes anonymes et, une fois libéré, je continuai d'assister aux réunions. En travaillant les Étapes suggérées et en ayant une Puissance supérieure telle que je peux La concevoir, je mène maintenant une vie libre et heureuse. Je remercie Dieu de m'avoir fait connaître ces programmes et les gens qui y adhèrent. J'envisage l'avenir avec optimisme.

14 - Nora
Pendant 10 mois, j'entendis des voix multiformes, incohérentes et dissolues; je croyais que des gens pouvaient lire dans mes pensées, que la radio et la télé parlaient de moi, que des voix traversaient les murs à mon travail et à la maison. J'eus des hallucinations paranoïdes; je croyais que le KGB, le FBI, la CIA et la mafia me couraient après. Aussi, je devins apathique et négligente. J'eus des comportements tout à fait confus et désorganisés. En 1985, mon patron me persuada de chercher de l'aide professionnelle. Je fus aussitôt transférée dans un hôpital local où je fus diagnostiquée «schizophrène paranoïde chronique». J'y restai 10 jours.
En mai 1987, la soeur de mon père mourut d'une tumeur au cerveau et, en juillet 1987, mon père mourut, lui aussi, d'une tumeur au cerveau. Ma situation empira; je croyais que l'ordinateur émettait des radiations et j'eus des délires paranoïdes. En octobre 1987, je fus admis dans un autre hôpital où je restai trois semaines. De retour à la maison, ma belle-soeur avait vu à la télé Joanne Verbanic, fondatrice des Schizophrènes anonymes; elle me persuada d'assister à des réunions de SA. Je lui en suis grandement reconnaissante.
En mai 1988, je fus congédiée car mes symptômes étaient réapparus. Je ne me lavais plus, je mangeais mal, je ne dormais pas, et je ne faisais plus le ménage de mon appartement. En plus de la psychose, je souffris de dépression et, en mars 1989, je demandai à être admis dans un autre hôpital où je restai deux mois. Après plusieurs hospitalisations de durée à peu près semblable, mon rétablissement se fit de façon graduelle. En février 1995, j'aménageai dans un appartement semi-autonome où j'habite encore aujourd'hui.
En 1987, je devins leader d'un groupe de Schizophrènes anonymes et, en 1999, je reçus des SA le prix «Above and Beyond». Je vais de ville en ville donner ma conférence et monter l'exposition. Je suis souvent sollicitée pour donner ma conférence.
Grâce aux SA, à mes amis, à ma famille, à ma paroisse, au club, grâce aussi à une médication appropriée, je suis sur la voie du rétablissement. Mes neveux et mes nièces me font parvenir des lettres et des cartes durant l'année. Merci à vous, les Baylérien! [les Tremblay!] Je sais que je ne suis pas seul dans ma maladie.

15 - Jamie
Bonjour, je m'appelle Jamie, et c'est à l'âge de 15 ans que je découvris que j'avais les symptômes de la schizophrénie. Je crus d'abord qu'il s'agissait de «douleurs de croissance». Mon premier séjour à l'hôpital s'avéra étrange. J'entendais des voix, je délirais et je me sentais déprimée. La dépression pouvait durer de une semaine à six mois. Il fut difficile pour moi de travailler à cause des voix et de la peur. Je passai donc d'un emploi à un autre et j'eus ainsi 24 emplois différents en sept ans.
Je séjournai à plusieurs reprises à l'hôpital, y compris trois fois dans chacun de deux hôpitaux différents. Je fis l'essai de plusieurs médications, dont Stelazine et Haldol, qui faisaient taire les voix, mais me laissaient déprimée et m'occasionnaient des peurs irrationnelles. Finalement, je fis l'essai de la nouvelle médication. Je ne prends maintenant que la dose de maintien de la médication atypique et mon médecin me dit que je n'ai pas de symptômes négatifs. Mon avenir semble assuré et rempli d'espoir.
J'eus des emplois à temps partiel et je fus bénévole au centre communautaire local de santé mentale. C'est ainsi que je fus requise pour faire partie du Comité consultatif pour la défense des droits des bénéficiaires de Woodland, et je servis dans ce comité pendant six ans. En 1998, je démarrai le Comité de protection des consommateurs de Woodland. Je suis agent de liaison d'un groupe de SA et coordonnatrice de l'information publique des SA du Michigan. Les SA m'ont permis d'avoir une vie remplie et un emploi satisfaisant. Merci aux Schizophrènes anonymes!

16 - Laura P
Je m'appelle Laura. J'habite à Binghamton, New York. Je suis mère célibataire d'une fillette de deux ans. Voici mon témoignage.
Je sus depuis toujours que je n'étais pas comme les autres. À l'âge de 12 ans, je fis ma première tentative de suicide. J'entendais des voix et je ne savais pas quoi faire. Tout alla quand même pour le mieux jusqu'à l'âge de 19 ans. Je décrochai alors du cégep car je me rendais compte que j'étais malade. Je débutai un traitement mais, comme j'étais une cégépienne de bonne famille, je niai la gravité de ma maladie. Je croyais pouvoir la contrôler, mais ma vie se détériora.
À l'âge de 21 ans, je commis un crime lors d'un épisode psychotique. Le juge prévint ma famille que je pouvais, soit aller en prison, soit dans un hôpital psychiatrique pour malades mentaux dangereux. Je choisis l'hôpital. Je passai quatre ans et demi dans trois hôpitaux différents. Lorsque je reçus mon congé, je débutai une thérapie avec Karen. Et lorsque celle-ci, un an plus tard, assista à une conférence de Joanne Verbanic, elle me demanda si je souhaitais démarrer un groupe de SA, et j'y consentis.
C'était il y a trois ans. Notre groupe tient ses réunions hebdomadaires au Centre communautaire de traitement et réhabilitation qui fait partie du Centre hospitalier psychiatrique de Binghamton. Les responsables de ces deux centres nous accueillent volontiers et nous fournissent le breuvage. Nous sommes un groupe très chaleureux.
Depuis que j'ai démarré ce groupe de SA, ma vie s'est transformée complètement. Je vis maintenant en appartement avec ma fille, et je donne des conférences publiques gratuites afin d'apporter de l'espoir et de la joie aux personnes schizophrènes. Elles aussi peuvent être heureuses et réaliser quelque projet auquel elles choisissent de se consacrer. Merci à Joanne Verbanic et à tous les membres des SA. Quelle chance que d'avoir les SA!

17 - Larry A
Mon engagement avec les SA débuta en 1990 lorsque je fus contacté par l'Association pour la santé mentale de Franklin County, en Ohio. J'avais été leader d'un groupe de Recovery Inc. pendant 15 ans et j'étais bien connu pour mes habiletés à parler en public et mes qualités de leader. Au début, ce nom de «SA» me titillait les oreilles, mais une fois le groupe formé, l'usage de ce mot qui commence par un «S» me soulageait. À Recovery Inc., nous n'étions pas autorisés à discuter des diagnostics. Les hallucinations n'étaient que «l'imagination enflammée» ou des «symptômes de nervosité». Il était soulageant de dire: «Bonjour, je m'appelle Larry, je suis schizophrène.» J'avais l'impression d'être tout simplement honnête en disant: «J'ai des visions bizarres et j'entends des voix» ou encore: «J'ai souvent l'impression que le monde est étrange et tout à fait terrifiant.»
Il me fut très difficile parfois d'assumer les effets secondaires de la médication. Je souffris de dyskinésie tardive et de douleurs musculaires au cou pendant 16 ans. Je crois que tout ce qui me permit de fonctionner relativement bien malgré tout, ce sont ma femme et ma famille qui furent d'un soutien tel qu'on ne peut rien demander de mieux. J'y inclus ma famille élargie, c'est-à-dire les membres de mon groupe de SA. Mon dernier séjour à l'hôpital remonte à 1996 alors que la médication pour la pression sanguine, la douleur et la dyskinésie, créaient un conflit avec la médication pour la schizophrénie. Ainsi je fus admis à l'hôpital avec un délire induit par les médicaments. Je séjournai quatre jours à l'hôpital, le temps d'équilibrer la médication. Je n'oublierai jamais la compassion dont ont fait preuve ma femme, mon groupe de SA et ma paroisse lors de ma réinsertion. Ce sont des SA qui m'ont renseigné sur les neuroleptiques récemment approuvés par la FDA (Food & Drug Admistration). Treize mois seulement après le début de mon nouveau traitement, la dyskinésie et les spasmes cervicaux avaient disparu!
Mais c'est surtout une leçon de véritable leadership qui me fut le plus profitable dans les SA. Un bon leader est celui qui cherche et fait valoir les qualités de leadership des membres de son groupe, car il s'agit de leur groupe. Lorsque l'objectif du leader consiste à pratiquer l'humilité et le leadership sur lui-même (surtout à maîtriser ses fâcheuses tendances à tout vouloir diriger et contrôler), les membres du groupe n'ont alors personne à qui résister, personne contre qui se rebeller, aucune raison de maugréer. Lorsque les postes de responsabilité du groupe sont ouverts à tous, le leadership est partagé et chacun apprend à devenir leader. Tout membre est un leader; il s'agit de trouver le rôle de leadership qui lui convient le mieux. Aucune tâche n'est plus ou moins importante qu'une autre. La personne qui distribue et ramasse les cahiers de réunion au début et à la fin de chaque réunion est tout aussi importante que la personne qui fait la lecture du Mot de bienvenue, ou qui choisit le slogan qu'elle commentera, ou qui téléphone et rend visite à des membres qui sont hospitalisés.
Le leadership est contagieux! Efforcez-vous de susciter le leadership autour de vous jusqu'à tous et toutes soient de la partie! C'est là pour moi l'essence même des Schizophrènes anonymes.

18 - Joseph
Je m'appelle Joseph et je suis schizophrène. J'eus un avant-goût de la maladie mentale alors que j'étais en deuxième année du bac, j'avais 23 ans. Le médecin me donna un diagnostic de dépression mentale sévère. Je reçus un anti-dépresseur, et un tranquillisant contre les crises de panique. J'étais déprimé au point que je ne pouvais rien manger sans être malade. Je perdis neuf kilos. La médication ne semblait pas vraiment utile et il me fallut un an pour me rétablir.
Je terminai finalement mon bac en administration en décembre 1996, j'avais 25 ans. Diplôme en main, j'eus un emploi à la Teamster Union à Washington, D.C. Je fus commis comptable pendant deux mois avant d'être malade une deuxième fois. Je ne fis pas vraiment une dépression mais, chose tout aussi terrifiante, j'eus toutes sortes de délires paranoïdes. Peu après, je fus hospitalisé et diagnostiqué schizophrène. J'ai maintenant 29 ans et je vis avec la schizophrénie depuis quatre ans. Je suis sans emploi mais je travaille activement à m'améliorer par des lectures et l'exercice physique. Depuis un mois, j'assiste à des réunions de Schizophrènes anonymes. Je trouve que les gens y sont fort sympathiques. Ils se débattent avec certains des problèmes avec lesquels je me débats encore.
Les Schizophrènes anonymes m'aident à accepter ma paranoïa et mes délires. Je commence à m'accepter avec mes forces et mes faiblesses. J'aurai de plus en plus confiance à mesure que je deviendrai une personne entière. Avec les Schizophrènes anonymes, je refais ma vie et j'ai la certitude de pouvoir être le meilleur de moi-même.

19 - Kevin
Depuis toujours j'appris que j'étais déjà différent des autres quand je suis né. Dès mon jeune âge, j'étais déjà sensible à cette réalité. Je voulais toujours me débrouiller seul, je me sentais maladroit avec les autres. J'eus peu d'amis et je fus plus souvent seul avec mes livres et mes jeux. Les choses empirèrent quand j'eus 15 ans. Au secondaire, j'eus des problèmes de concentration. Je fis partie des équipes sportives du lycée, mais je croyais que je ne cadrerais jamais nulle part. À 17 ans, je commençai à fréquenter les services religieux et je crus que Dieu me parlait. Plus tard, je décrochai de l'école et me mariai. J'eus quelques emplois pendant quatre ans et, au début des années 1980, je m'enrôlai dans l'armée. Je fus stationné en Korée du Nord et, lors d'une visite dans la zone démilitarisée, je devins paranoïde. Je crus que les Nord Koréens avaient abattu un avion étranger. Je retournais à pieds à la base militaire lorsque, au bord de la route, je perdis la mémoire. Je ne me sentis plus jamais pareil par la suite.
Je revins au pays et je fus affecté à une unité de recrutement à Cleveland, en Ohio. J'eus l'occasion de voyager beaucoup en faisant ce travail. Pendant mes longues heures de route, j'avais souvent des hallucinations et des délires. Plus tard, je fus affecté à Fort Hood, au Texas, toujours avec tous les symptômes de la schizophrénie. Je ne pouvais plus accomplir mon travail et je fus hospitalisé pendant les six dernières semaines de mon service militaire. J'étais incapable de me trouver un emploi à cause de ma maladie et je fus ré-hospitalisé, cette fois à l'hôpital des vétérans de Breckville, en Ohio.
Je découvris alors que j'étais schizophrène, et cela depuis quelque temps déjà. Je fus médicamenté, je retournai aux études, et j'obtins un divorce. Je ne retrouvai jamais ce que la schizophrénie m'avait fait perdre, mais j'étais déterminé à vaincre cette maladie, ou encore à m'en accommoder du mieux que je pourrais.
Comme je me sentais mieux, je cessai de prendre ma médication, car je ne croyais plus en avoir besoin. Je passai les 100 jours suivants à l'hôpital des vétérans. Je fus sans abri et sans espoir. J'eus le goût d'en finir, mais je ne renonçai jamais vraiment à vivre. Je reçus de l'aide mais j'étais encore incapable d'être autonome. J'eus des problèmes avec la justice et j'aurais pu passer jusqu'à cinq ans en prison, mais ma Puissance supérieure en avait décidé autrement. Elle me permit d'en sortir et de trouver un sens à ma vie.
En février 1997, j'entendis parler d'un groupe de SA à Middleburg Heights, en Ohio. J'y allai voir et m'y intégrai aisément. Il me fallut quelques réunions pour me découvrir. Il y avait là enfin des gens qui m'acceptaient pour ce que j'étais, pour ce que j'étais devenu, sans poser de questions. Je me sentis appeler à diriger un groupe et plus tard j'assistai à une Conférence des SA sur le leadership à Novi, au Michigan. À cette époque, j'entendais encore des voix. Je croyais que quelqu'un m'avait appelé par mon nom à haute voix. Je demandai à Joanne V. si elle avait entendu cela elle aussi. Elle nia, et je lui répondis à la blague que j'avais probablement entendu quelque chose. Quand elle me dit de ne pas m'inquiéter puisque j'étais avec des amis, je sus que j'étais vraiment chez moi et que les SA étaient vraiment ce que je souhaitais pour le reste de mes jours.
J'assumai d'autres responsabilités chez les SA et je suis heureux que les SA fussent placés sur ma route. Ayant cette idée en tête, je me souviendrai toujours de tous ceux qui m'ont apporté l'espoir et la joie.
Les SA ont donné un sens à ma vie. Merci pour tout aux SA et à Joanne. Je me dois de partager mon bonheur avec tous les gens que je rencontre.

20 - Péléane ( pour la traduction !)
«Que faites-vous dans la vie?» Depuis quelque temps, j'ai pris l'habitude de répondre: «J'ai été hospitalisé à Robert-Giffard (hôpital psychiatrique à Québec) à l'âge de 25 ans et je n'ai pas fait grand-chose par la suite. La vie s'est arrêtée là pour moi.» Alors les gens deviennent mal comme vous pouvez imaginer. Je leur dis: «Salut!» et la conversation s'arrête là. Ils ont compris que je n'ai pas le goût d'élaborer davantage et alors je peux continuer ma route dans une relative quiétude. Je ne leur dirai pas ce qu'ils ne veulent pas savoir. C'est la meilleure façon d'avoir la paix. Et ils ne me poseront plus jamais cette satanée question.
J'ai survécu grâce à des groupes d'entraide inspirés des AA (les Alcooliques anonymes), principalement les GFA (Groupes familiaux Al-Anon pour les familles et les amis des alcooliques) et aussi les ÉA (les Émotifs anonymes), et peut-être bientôt aussi les SA (les Schizophrènes anonymes) ou encore les DAA (les Déficients attentionnels anonymes). Mais il vaut mieux ne pas parler de ça à des gens qui ne sont pas prêts à l'entendre. C'est pourquoi les membres de ces Fraternités sont anonymes (non pas entre eux, mais par rapport à la presse, la radio, la télé, le cinéma et l'internet.)
Car «les gens» diront: «C'est une gang de malades qu'on retrouve dans ces Fraternités!» Et ils ont raison, j'en suis un de ces malades. Autrefois on disait des pécheurs. Moi, je dis souvent des pèlerins. Et je n'aurais pas survécu pendant 27 ans sans aucune pilule, et content malgré tout, si je n'avais pas connu d'autres malades, des pèlerines et des pèlerins anonymes. Ensemble, nous allons vers quelque chose et il n'est pas toujours utile de savoir vers quoi. Voilà ce qui a donné, et donne aujourd'hui encore, un sens à ma vie.
P.S. Ces derniers temps aussi, j'ai découvert Le Pavois (un rejeton de La Boussole) à Québec, une ressource qui n'existait pas dans les années 1970. Intéressant. Salutations fraternelles et bienvenue parmi nous.


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MessagePosté le: Dim 14 Juil - 13:07 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Dam's
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MessagePosté le: Ven 13 Sep - 20:47 (2013)    Sujet du message: SCHIZOPHRENIE Répondre en citant

Waw extra l'article !

Merci à toi Okay Okay


A bientôt
Dam's
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 21:53 (2017)    Sujet du message: SCHIZOPHRENIE

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